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 Vie du cercle : Tristan MENDES FRANCE: Arsenal bio-chimique, l'énigme sud-africaine.
        Posted by benoit on 17/4/2003 8:47:37 (914 reads)
12 avril 2001. Haute cour de Prétoria, Afrique du Sud. Le principal responsable du programme d'armement bio-chimique sud-africain durant l'apartheid, un dénommé Wouter Basson est acquitté. Sous le nom de code Project Coast, ce programme était, à supposer qu'il soit effectivement terminé, l'un des fleurons internationaux du Chemical and Biological Warfare, en d'autres termes de la guerre bio-chimique. Mis sur pied dans les années 1980, le Project Coast visait à déployer un arsenal de persuasion contre l'influence soviétique dans la région du cône sud africain. Très vite, le projet militaire deviendra une arme à vocation interne. Et c'est la population noire sud-africaine qui, la première, goûtera aux découvertes mortifères du régime d'apartheid.

La Commission Vérité et Réconciliation (CVR), initiée en Afrique du sud par le prix Nobel Desmond Tutu, établie durant l'été 1998 que le régime raciste avait acquis des stocks importants d'Ebola, de choléra, de Sida, ou d'Anthrax. Sans compter le développement d'armes éthniquement sélectives agissant sur la mélanine colorant la peau des noirs. La CVR termina son enquête sans parvenir à obtenir toutes les informations qu'elle souhaitait. Certains magistrats de la Commission s'en sont d'ailleurs plaint publiquement. Un procès au pénal s'ouvre peu après en 1999 contre le responsable du programme Coast, Wouter Basson. Il sera acquitté…

Le gouvernement qui aurait pu faire appel de cette décision de justice rendue, soit dit en passant, par un juge nommé sous l'apartheid et frère du président du parti conservateur sud-africain, a décidé fin mars 2003 de ne pas poursuivre l'action judiciaire. Cela aurait permis de lever, un tant soit peu, le mystère sur un programme particulièrement inquiétant, dont on ne sait pas ce qu'il est devenu.

Plusieurs instances internationales ont exprimé publiquement leurs appréhensions : Le 31 mars dernier l'UNIDIR (l'Institut de recherche sur le désarmement des Nations Unies) a rendu public un rapport reprenant en partie les peurs exprimées en février 2001 dans une note par l'US AirForce, considérant ce programme comme l'un des plus sophistiqués au monde (moins volumineux en taille que l'ex programme soviétique Bioreparat mais plus inquiétant dans sa sophistication). En Octobre 2001, le rapport de la commission de la défense de l'Assemblée de l'Union de l'Europe occidentale sur " La maîtrise des armements chimiques et biologiques " établissait également une hiérarchie des craintes en décernant une mention spéciale à l'Afrique du sud.

La Commission Vérité et Réconciliation ainsi que le procès du " Dr la Mort " ont permis de mettre à jour certaine collaboration internationale du temps de l'apartheid : D'abord avec certains pays occidentaux comme les EU, la France, l'Angleterre, ou la Suisse (dont la presse est la seule en Europe aujourd'hui à dénoncer les ambiguïtés passées). Mais les enquêtes ont surtout montré que le " Dr la Mort " s'était rendu plusieurs fois en Irak, en Libye, en Syrie ou en Corée du Nord pour des voyages d'études un peu particulier de 1980 à 1995. Il apparaît, en fait, que ce docteur gérait un véritable business d'État alimentant en savoir faire ou en matériel douteux tous ceux qui en manifestaient l'intention avec des moyens financiers appropriés.

Lors d'une audience en 2000, Wouter Basson alias " Dr la mort " a évoqué l'existence " d'une mafia biochimique " déjà bien implantée dans le monde et qui serait amenée à se développer. Ce que le rapport annuel de l'Institut international de Stockholm pour la recherche de la paix ne dément pas, s'alarmant du contournement généralisé des contrôles opérés par les pays industrialisés sur la prolifération d'armes chimiques. Notamment issue de la dispersion des armes biochimiques sud-africaines…

Une question lancinante reste en suspend aujourd'hui. Une question simple que posent notamment certains journalistes sud-africains du Mail & Guardian ou du Sunday Times - question à laquelle le gouvernement Mbeki n'a pas encore répondu : Après le démantèlement du Project Coast, en 1994, que sont devenus les stocks d'armes biochimiques sud-africaines ?


Tristan Mendès France, assistant parlementaire, documentariste.
Auteur du documentaire " Dr la Mort " pour France 3, BFC Prod. Ouvrage paru " Dr la Mort. Enquête sur un bio-terrorisme d'état en Afrique du Sud ", 2002 Ed. Favre. Vient de paraître : " Gueule d'ange ", enquête sur le tortionnaire argentin libre Alfredo Astiz, Ed. Favre.

 Vie du cercle : Photo du banquet du 13 mars
        Posted by benoit on 22/3/2003 9:34:43 (705 reads)
 Vie du cercle : Tristan MENDES FRANCE: Un printemps noir de la Tunisie en France ?
        Posted by benoit on 16/3/2003 19:34:05 (527 reads)
C'est sous les termes anodins de "Printemps de la Tunisie" que se tiendra une manifestation odieuse à Garges-les-Gonesse les 11,12 et 13 avril 2003.

Cet événement est organisé par un mystérieux collectif dit "des Organisations Non-Gouvernementales Tunisiennes en France". En fait, cet organisme, qui a son propre magazine papier glacé n'est qu'une entreprise de propagande gouvernementale tunisienne. On lit sur la plaquette qui a été envoyée avec le magazine à un grand nombre de parlementaires (notamment au Sénat) que son objectif est de lutter contre la subversion franc-maçonne, et autres lobbies souterrains qu'ils soient juifs ou des milieux d'opposition au régime du président tunisien Ben Ali. Le "Collectif" surfe évidemment sur la vague anti-américaine, anti-guerre, antisioniste pour flirter avec l'antisémitisme. Le journal du Collectif "Solidarité" n'est qu'un monceau d'ordures infamantes, obscènes, mal écrites. On y fait l'apologie, dans un poème oiseux, du martyre palestinien : "j'aime me faire brûler...." (p. 26 Solidarité n°61 février 2003)*. On lit des propos antisémites du type : "Hitler... Staline, .. sont des enfants de choeur devant Sharon et sa horde de criminels" (P. 28)... Sans compter les caricatures...

Le "Collectif" est vraisemblablement piloté de Tunis : y sont copieusement insultées et traînées dans la boue, les courageuses opposantes tunisiennes qui se sont déplacées en France pour poursuivre leur combat. On pense à Sihem Bensédrine (prix Amnesty international 2001) ou Nadia Nasraoui Hammami, que je connais pour les avoir défendues, traitées de prostituées alcooliques "call-girls, fiancées de Dracula, vipères lâchées du zoo de l'opposition à Paris" (p. 18). Cette pratique est indigne, scandaleuse, misogyne, en un mot inacceptable.

Ce qui choque ici c'est que ce collectif et son magazine couleur d'une cinquantaine de pages, pourraient induire en erreur les tunisiens de France qui seraient tentés de les suivre.

La Tunisie joue ici un jeu trouble. Qu'il y ait un gouvernement autocrate en Tunisie, que le président soit élu à 101% des voix, pourquoi pas ; mais la France, elle, est une vraie démocratie, et ces pratiques barbouzardes payées rubis sur ongle pour infecter la communauté tunisienne de France sont intolérables. D'autant que la communauté tunisienne française n'a certainement pas besoin de ça aujourd'hui. Surtout à Garges-les-Gonesse qui a connu ces dernières années une montée en puissance d'actes antisémites. Les tensions communautaires y sont particulièrement saillantes, et susceptibles de s'enflammer.

Enfin et surtout il est déplorable de constater le soutien ouvert et public de ce collectif par la mairie de Garge-les-Gonesse. Et notamment par la sénatrice-maire UMP Nelly Olin. Jeannine Choisis, son adjointe déléguée à la culture, est d'ailleurs en photo dans le magazine, présentée comme une mécène bienveillante "un baume de générosité et d'humanisme" (p. 22). Et pour cause. Le 1er adjoint de Madame Olin, Maurice Lefebvre a réservé au nom de la Mairie pour le Collectif tunisien la Salle Lino Ventura qui devrait accueillir la manifestation les 11, 12 et 13 avril prochain.

Il n'est pas tolérable qu'une mairie soutienne aussi directement des organes de propagande tunisienne sur le sol national français. Cette manifestation, ce collectif doivent faire l'objet d'un contrôle serré. Le contexte communautaire en France ne permet pas de laisser des gens attiser la confusion et la haine. Il est impératif que la mairie, que la sénatrice-maire Nelly Olin dénonce avec force cette manifestation, arrête de soutenir le collectif tunisien, et s'en désolidarise publiquement.

Tristan Mendès France, assistant parlementaire, documentariste-écrivain.

Ouvrage à paraître le 27 mars 2003 aux éditions FAVRE, "Gueule d'ange" enquête sur le tortionnaire argentin Alfredo Astiz.

* Tous les extraits proviennent du magazine Solidarité n°61 de février 2003, envoyé aux parlementaires français avec fascicule haineux et l'annonce de la manifestation de Garges-les-Gonesse du 11 au 13 avril.
 Vie du cercle : Assemblée générale d'ANTICOR
        Posted by benoit on 26/2/2003 9:11:09 (482 reads)
L'assemblée générale constitutive d'ANTICOR aura lieu le vendredi 14 mars à 14 h à Paris-Assemblée Nationale (Palais Bourbon).

ANTICOR est une association regroupant des élus de toutes tendances politiques qui ont décidé de s'unir pour lutter contre la corruption et pour réhabiliter la démocratie représentative.

Chercheurs, auteurs, anciens magistrats, anciens journalistes d'investigation participent aux travaux de cette association à travers son comité de parrainage.

ANTICOR publiera une revue trimestrielle thématique qui dressera un état du fonctionnement d'une classe politique prisonnière d'une image d'Epinal : la maladie du « tous pourris ». Elle décortiquera les affaires politico-financières défrayant la chronique, non pour hurler avec les loups, mais pour corriger le sentiment d'impunité qu'elles génèrent trop souvent, et qui contribue au dégoût pour la chose politique dont les effets se sont fait sentir en 2002.

Cette revue militante offrira une vision décapante et une autocritique ironique de la classe politique et de sa représentation médiatique. De l'analyse des pathologies dont souffre notre démocratie, elle prescrit un antivirus : la résistance par l'éthique. Son premier numéro sera consacré à la présentation de l'association par injection d'une première dose d'ANTICOR.

Attention, ANTICOR est une association d'ELUS.

Nous ne manquerons pas de recontacter ceux d'entre vous qui sont élus (conseiller général, conseillers municipaux et adjoints) pour plus d'infos sur l'association, l'A.G. et la revue...


 Vie du cercle : Banquet du Cercle MENDES FRANCE: 13 mars 2003, 19h.
        Posted by benoit on 18/2/2003 10:39:44 (373 reads)
Le 13 mars à 19H au Restaurant de la Grande Galerie de l'Evolution du Muséum d'Histoire naturelle aura lieu notre premier banquet républicain.

Nous recevrons deux personnalités pour animer ce banquet: Christiane TAUBIRA et Tristan MENDES FRANCE.

Le montant du repas est de 20 euros.

Pour vous inscrire, écrivez-nous le plus rapidement possible. Date limite d'incription: mercredi 5 mars.

Contact: benoit.prieur@free.fr


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